Publié par Vivre Ensemble à Neuville

 

 

Pédaler sous la neige et dans le froid ? Vous n'y pensez pas ! C'est bien trop difficile, compliqué, fatigant, dangereux (rayez les mentions inutiles). Le vélo n'est certes pas adapté à tous les trajets, ni à tous les temps, ni à tous les usagers. Cela sert régulièrement d'argument pour disqualifier ce moyen de transport, sur le mode "il y a des gens qui ont plus de 80 ans et des femmes enceintes ; d'autres qui habitent au sommet de la Croix Rousse tout en bossant à la Part-Dieu ; et puis un jour ma voisine a eu une bronchite et l’an dernier il a neigé. Donc, vous comprenez, il est normal que les gens en pleine forme choisissent la voiture pour tous leurs déplacements par beau temps".

Il est pourtant possible de rouler à vélo en hiver. Cela nécessite, au grand maximum, un peu de préparation, un peu d'équipement et un peu de bonne volonté. A Montréal, où le mot "hiver" ne signifie pas la même chose qu'en Europe, les cyclistes s'échangent des conseils sur Twitter grâce au hashtag #Vélodhiver et une association veut promouvoir "le 2 roues (non motorisé), 4 saisons".

Pour qui souhaiterait franchir le pas, voici quelques conseils, ainsi que quelques objets utiles. Marieke Bruijns, responsable du marketing de la société Holland Bikes, qui a ouvert en France 6 boutiques de cycles et d'accessoires pour le vélo, m'a présenté les équipements les plus vendus en hiver. "Pour ce qui est du vélo comme mode de déplacement, la France constitue un marché à fort potentiel", lâche Mme Bruijns, qui vit à Paris depuis de longues années. Précision : cette société ne m'a évidemment pas rémunéré, ni offert un quelconque objet.

1/ Pédalez comme vous êtes. C'est au fond le conseil le plus simple et le plus sain.Nul besoin de se transformer en coureur professionnel pour se rendre à son travail, contrairement à ce que l'on peut lire dans cet article plutôt décourageant sur Rue 89. A vélo, vêtu de son manteau d'hiver, protégé par des gants et un bonnet, on ressent différemment le froid qu'à pied. Le vent peut être glacial, mais on se réchauffe par l'effort et surtout, on va plus vite, donc on reste moins longtemps dans le froid. CQFD. Voyez aussi les cyclistes de Copenhague qui continuent, malgré la neige, de rouler plus vite que les automobilistes bloqués dans un bouchon.

 

2/ Multipliez les sous-couches. C'est un peu le b.a-ba du déplacement hivernal, qu'on lit chaque année dans les pages pratiques des magazines. Mieux vaut enfiler des sweat-shirts supplémentaires plutôt qu'une grosse doudoune. Une fois arrivé à destination, on délaissera certains de ces vêtements et on les fera sécher, au besoin. Le site citycle.com présente une série de cagoules, jambières ou sur-chaussures adaptées à la conduite hivernale. Sur ce site, des conseils plus poussés, si les températures descendent vraiment très bas.

3/ Protégez-vous de l'humidité. Bien plus que le froid, la pluie décourage les cyclistes. "Les jours où nous comptons le moins de vélos dans les rues sont ceux où il a plu entre 7h et 9h du matin. Quand il fait froid, l'impact demeure en revanche limité", indique Alain Jund, adjoint (Verts) au maire de Strasbourg, en charge des déplacements et de l'urbanisme. Aux Pays-Bas, des fabricants ont imaginé des ponchos spécialement adaptés au vélo. Ils sont équipés de lanières à attacher aux poignées afin d'éviter que le vent negonfle le vêtement, façon spi, un jour de tempête, en Bretagne. "Les couleurs qui se vendent le mieux sont le noir, le bleu, le vert et l'orange", indique Patrick, le gérant de la boutique Holland Bikes située dans le 17ème arrondissement de Paris. Afin d'éviter d'avoir le jeans trempé en arrivant au bureau, on peut aussi s'équiper de sur-pantalons imperméables, comme ceux-ci, à gauche.

4/ Choisissez de bons gants. On peut bien sûr pédaler avec des gants de ville. Un peu moins avec des moufles qui rendent l'utilisation des freins plus difficile. On peut aussi s'équiper de matériel imperméable et doté de bandes reflétant la lumière, comme ceux-ci, à droite. Le site de Rue du vélopropose également des gants. Enfin, on trouvera sur lecyclo.com des "chaufferettes" ressemblant à de gros pansements, à coller sur ses mains ou ses pieds et qui "diffusent une douce chaleur".

5/ Placez des manchons sur le guidon. Accrochés au cycle, ces grosses doudounes pour mains permettent de ne pas avoir à retirer puis remettre sans cesse ses gants. Idéal lorsqu'on s'arrête régulièrement, par exemple pour faire les courses, avant de remonter en selle.

6/ Soyez visible. L'hiver, il ne fait pas seulement froid, mais sombre. En ville, l'éclairage public suffit en principe à être vu. Mais en-dehors de la ville dense, les automobilistes ont tendance à rouler vite et oublient qu'ils peuvent croiser des cyclistes. La bonne vieille dynamo fonctionne toujours, mais les fabricants ont inventé de multiples manières d'être vu. A titre d'exemple, ceci est une lamperechargeable par port USB vendue par Décathlon. Les associations de cyclistes distribuent des brassards jaunes réfléchissants, parfois équipés d'ampoules clignotantes. Les amusantes illuminations multicolores présentées dans le film ci-dessous ne relèvent pas seulement du gadget. Elles permettent d'être vu du côté et pas seulement de dos. On les trouve sur ce site.

 

7/ Roulez au milieu. Lorsqu'il fait sombre, il faut montrer que l'on existe. Si, pétri d'angoisse, on se fait le plus petit possible, on risque de passer inaperçu. Cette visibilité implique parfois de rouler au milieu d'une rue étroite. N'ayez pas peur des coups de klaxon intempestifs que vous adresseront peut-être les automobilistes. Ils se calmeront dès qu'un feu rouge apparaîtra au loin. Pour vous assurer d'être doublé à une distance suffisante, vous pouvez utiliser cet "écarteur" réfléchissant, fixé à un élément métallique de la bicyclette.

8/ Connaissez l'état du sol. La neige, le verglas, mais aussi la pluie ou le brouillard peuvent modifier l'aspect du revêtement urbain. Le sel déposé sur la route en prévision du verglas peut endommager la chaîne. "On ne doit pas oublier de la graisser", conseille @tristramg, qui roule à vélo par tous les temps. Sur une couche de neige, "il faut légèrement baisser la pression des pneus afin d'augmenter la surface de contact", signale Mme Bruijns. Si le sol est glissant, voire carrément gras en cas de brouillard persistant, mieux vaut anticiper le freinage. C'est bête à écrire, mais la consultation de la météo du jour n'est jamais de trop lorsqu'on circule à vélo.

9/ Faites réviser le vélo. L'arrivée du vrai hiver fournit une occasion de révision complète. Holland Bikes comme d'autres vélocistes vendent un "pack révision" au prix de 20€ incluant la lubrification et le contrôle de la chaîne, l'état et la pression des pneus ou encore le contrôle et le réglage des freins. Certains cyclistes chevronnés changeront les pneus, un peu comme le font les automobilistes dans les régions de montagne. Mme Bruijns estime que dans la plupart des régions de France, compte tenu du climat relativement doux, ce n'est pas nécessaire. Voici toutefois une liste de pneus adaptés : "Continental Top Contact Winter II", "Continental Spike claw", qui sont littéralement cloutés ou "Schwalbe Marathon winter". Il faut prévoir 70€ par pneu, sans compter le montage.

10/ Protégez les enfants. En France, l'idée d'emmener des enfants sur un vélo demeure encore incongrue. Transportez-les dans un "cargo", ces solides baquets en bois dotés de mini-bancs que l'on voit partout à Copenhague ou à Anvers, et vous passerez pour un doux dingue. En tous cas, lorsqu'il fait froid, il faut les habiller chaudement (sans blague) et on peut même recouvrir le cargo d'un film en plastique perforé. Voyez cette vidéo qui vient du Canada !

 

 

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