Le “ vespa velutina ” menace abeilles et biodiversité. Mais des universitaires tourangeaux ont isolé de possibles parades.

Il est apparu voici dix ans à peine en Lot-et-Garonne, probablement arrivé de Chine, par bateau. Plus petit que son cousin européen, mais plus offensif, le frelon asiatique, vespa velutina nigrithorax couvre désormais 70 % du territoire national, progressant d'une centaine de kilomètres chaque année.

Nos voisins européens ne sont pas épargnés, ce qui n'est pas une consolation. LaBelgique et l'Allemagne occidentale, le nord de l'Italie, l'Espagne et le Portugal font partie de son aire d'expansion.

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Une sorte d'Alien dans l'abdomen des reines

Partout, ce prédateur qui se nourrit d'une multitude d'insectes, guêpes, coléoptères, diptères, tous pollinisateurs sauvages, provoque les mêmes ravages. L'abeille domestique dont il est friand (50 à 60 % de son menu) paie le plus lourd tribut. Contrairement à son homologue asiatique qui, par réflexe de groupe parvient à étouffer l'intrus, notre abeille européenne n'a pas encore intégré de parade à la voracité de ce chasseur.

Signalé en Val-de-Loire depuis quelques années déjà, le frelon asiatique est très installé dans nos départements et son éradication définitive reste très improbable.

Il est, comme toute espèce invasive lorsqu'elle a trouvé une base favorable, en phase d'explosion.

C'est le constat d'Éric Darrouzet. Le biologiste et chercheur à l' Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI) de Tours évalue à 600 nids au moins cette année, le niveau de colonisation locale. Chacun de ces nids intègre plusieurs centaines d'individus. Les plus volumineux (jusqu'à 80 cm de diamètre) abritent un bon millier de frelons.

Son impact sur la biodiversité, au-delà du sort de nos ruches, est « potentiellement considérable » appuie le spécialiste.

Des parades maladroites ont été engagées comme le piégeage. Mal ciblé, il a surtout porté préjudice à d'autres espèces.

Mais, depuis peu, les équipes de l'IRBI ont peut-être isolé la solution. Conops vesicularis, c'est son nom, ressemble à une petite guêpe. La particularité de cette espèce parasitoïde est d'injecter un œuf minuscule dans l'abdomen des reines. La larve s'en nourrit, comme une sorte d'Alien. A la fin, qui est assez rapide, la reine meurt et la colonie ne lui survit pas.

Des expériences sont en cours en Touraine, l'hypothèse d'élevage semi-industriels de Conops est envisagée. « Mais il faudra des années pour démontrer que ce parasitoïde a une préférence pour le frelon asiatique et qu'il n'infligera pas de dégâts collatéraux sur les abeilles, les bourdons et les guêpes autochtones », tempère Éric Darrouzet qui travaille sur d'autres hypothèses. Dans l'intervalle, en cas d'hôtes indésirables, faites appel aux spécialistes.

Quand le prédateur devient proie

Outre l'arme potentielle de la « Conops », l'IRBI tourangeau se mobilise sur d'autres solutions. Et notamment sur celle de pièges affinés utilisant des phéromones spécifiques à l'espèce, plutôt que des appâts alimentaires qui brouillent la cible.
Parallèlement, les spécialistes observent une progression de prédateurs nouveaux et locaux au frelon asiatique. La bondrée apivore (grand rapace) et même la charmante mésange l'ont identifié comme alternative alimentaire.
S'il est clair que cet hôte, récemment invité dans notre périmètre, ne le quittera pas de sitôt, prenant peu à peu toute sa place, il n'est pas du tout certain que ce soit au détriment de l'infatigable abeille.

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BC 08/08/2014 12:04

il y aun gros nid dans le peuplier en face de chez moi mais on n' a pas trop de freulon dans le jardin.