Depuis plusieurs semaines, un wallaby de Benett déambule en liberté dans les bois et les champs de Lancôme. Il a été photographié pour la première fois hier.

Depuis plusieurs semaines, la rumeur enflait à Lancôme voire dans la commune voisine de Gombergean. Plusieurs promeneurs avaient observé… un « kangourou » dans les champs voire les bois du secteur, d'une couleur grise bien différente de celle des chevreuils, nombreux dans le secteur. Mais jusque-là personne n'avait réussi à produire de preuve concrète de la présence d'un tel animal exotique aux confins de la Beauce et de la Gâtine tourangelle. Méfiant, le marsupial s'échappait dans les fourrés si jamais on s'approchait trop près de lui.

Évasions fréquentes et puce électronique obligatoire

Il ne s'agissait pourtant pas d'une hallucination ! Hier matin, alors qu'il effectuait en voiture la tournée d'inspection d'un chantier de fauchage de chemins communaux, le maire-adjoint Alain Besnard est tombé nez à nez avec l'insolite bestiole. Et il a réussi à la photographier, sous tous les angles, sans être surpris outre meusre. « Je savais qu'il était là car mes propres enfants l'avaient déjà vu, raconte l'élu. En auto, j'ai réussi à l'approcher à environ cinq mètres. Il était dans un chaume de colza et mesure environ la hauteur d'une table, dans les 75 centimètres à peu près. » Ce qui n'en fait pas un kangourou mais plus probablement son cousin, le « wallaby de Benett » dénommé aussi « wallaby à cou rouge », originaire d'Australie.
Le cas n'est pas isolé : ces derniers jours, un épisode similaire a défrayé la chronique du côté de Feytiat, dans le Limousin. Une petite colonie de wallabies a également réussi à s'implanter en région parisienne, en forêt de Rambouillet, où elle parvient à se reproduire. « C'est une espèce peu exigeante, facile à détenir, explique Jean-Joël Courthial, le chef des agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage en Loir-et-Cher. Si on ne dépasse pas six individus, il suffit d'obtenir une autorisation préfectorale auprès de la direction départementale de protection des populations. » Autorisation qui s'accompagne de l'obligation d'implanter une puce électronique sur l'animal pour permettre de l'identifier le cas échéant.
« Les évasions sont fréquentes », rapporte Jean-Joël Courthial. Ce qui oblige l'ONCFS à rechercher les propriétaires, pour éviter une fin malheureuse comme une collision routière. Si elle peut commettre quelques dégâts agricoles, cette espèce herbivore qui digère la cellulose (herbes, feuilles, racines, écorces, fruits) n'est pas dangereuse, et il n'est donc pas question d'organiser une battue. « Il ne s'agit pas d'une espèce chassable », observe par ailleurs le patron départemental de la police de la chasse.
A Lancôme, assure Alain Besnard, « personne ne sait d'où il vient. Peut-être d'un parc en Indre-et-Loire, du côté de Dame-Marie-les-Bois, ou Autrèche… »
En attendant son éventuelle capture, le petit kangourou qui se promène entre Beauce et Gâtine garde donc une part de mystère !

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