Publié par Vivre Ensemble à Neuville

Le chantier de la future piscine de la communauté de communes du Castelrenaudais est au point mort. La faute à la présence d’amiante non diagnostiquée.

La feuille plastifiée simplement accrochée au grillage est laconique : « Chantier arrêté suite à la rencontre d'un problème technique. Les travaux reprendront dès que le problème aura été résolu. » Avec un tel message, les curieux ne sont pas plus avancés !

Au cœur de la ville de Château-Renault, face à la médiathèque, un terrain vague, entouré de grillage, expose son tas de gravats, tel un dépotoir de périphérie urbaine. Un grand panneau y annonce pourtant la réalisation d'une piscine intercommunale. Pour l'instant, le passant n'y voit que la route qui poudroie et l'herbe qui verdoie !

Une découverte imprévue de produits amiantés

A cet emplacement, le 1er septembre 2013, la piscine communale fermait définitivement ses portes. L'équipement avait atteint, à 41 ans, l'âge de l'obsolescence. Depuis une petite dizaine d'années, le projet de construire un centre aquatique intercommunal était dans les tuyaux. En 2012, par 20 voix pour, 16 contre et 3 abstentions, le projet est voté par la communauté. Le centre aquatique prendra la place de la piscine communale. La ville de Château-Renault cède le terrain à la communauté. Le chantier de ce projet de 8,2 millions d'euros doit démarrer en novembre 2013. La démolition de l'ancienne structure est engagée. Plusieurs entreprises sont sur les lieux pour le diagnostic amiante, le désamiantage, la déconstruction. Les produits amiantés sont mis en sac et stockés sur le chantier.
Fin février, le feu vert est donné pour la déconstruction. Mais à la mi-mars, le chantier s'arrête. On a trouvé des plaques de fibrociment contenant de l'amiante. Elles avaient apparemment servi de coffrage dans les gaines sèches tout autour du grand bassin. Pourquoi ces produits amiantés étaient-ils encore là ? Leur présence avait-elle été diagnostiquée ? La tâche n'est pas facilitée par le fait que les documents concernant la construction de l'ancienne piscine ont disparu au cours de l'incendie des archives de la mairie en 1993.
La solution proposée sur l'instant par les entreprises, c'est de traiter ces matériaux pollués, en plus des gravats, pour un surcoût de… 280.000 euros. La collectivité, après avis de son avocat, décide plutôt d'arrêter le chantier. Qui est responsable de cet oubli et qui doit payer ?
La communauté de communes dépose un recours au tribunal administratif. L'instance mandate des experts. On attend leur rapport. Le tribunal dit alors que le chantier peut reprendre. La communauté de communes paiera le surcoût et se fera rembourser quand on saura qui est responsable de cet oubli. Pas si simple ! Le chantier est toujours à l'arrêt, dans l'attente du rapport des experts.
Interrogé sur ce dossier, le nouveau président de la communauté de communes, Jean-Pierre Gaschet, répond : « Je ne souhaite pas communiquer tant qu'on n'a pas le rapport d'expertise sur le bureau. » En attendant, le centre aquatique intercommunal reste un mirage dans un désert de gravats.

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