Publié par Vivre Ensemble à Neuville

L'esprit du 11 janvier aura t il disparu dans les urnes ?

Les manifestations du 11 janvier ont été un rassemblement de gens très hétéroclites venant avec des idées bien différentes à défendre. Ce mouvement a l’avantage d’avoir réuni des individus de toutes origines, de toutes classes sociales, de tous sexes, de toutes les confessions religieuses ou non. Les notions de "ensemble", de solidarité et de liberté d’expression étaient ce qui rassemblait ce jour là.

35 000 à Tours et près de 4 millions de manifestants en France : une mobilisation sans précédent en France depuis plusieurs décennies et pourtant ils n'étaient que 4 millions sur les 66 millions d'habitants... Un rassemblement en réponse à ceux qui avaient pour seule vocation de priver de liberté certaines catégories de population.

 

Jusqu’à présent, la France brillait par son universalisme, prônant l’accès à tous aux soins , l’accès à tous à l’éducation, la liberté de conscience et bien d’autres. Mais la crise financière a favorisé le repli sur soi, le désir à des valeurs passéistes, arguments que le FHaine aime à utiliser et manipuler aujourd’hui. En effet, il est aisé, si on n’y est pas attentif, de vouloir réduire certains postes de dépenses de la collectivité en réduisant les coûts pour les individus. Bien sûr, cette voie paraît raisonnable et simple à mettre en oeuvre mais elle implique de faire des choix dans les dépenses vers la population : la catégorie la plus fragile serait la plus touchée et impliquerait inévitablement une remise en cause du principe fondamental et constitutionnel de l'égalité...

 

Un choix se résumant finalement entre égalité ou sélectivité, universalisme et individualisme.

 

Il est aussi facile de vouloir revenir à ce que bon nombre d’entre nous avons connus par le passé. « C’était mieux avant ». Mais qu’est-ce qui était mieux avant ? Et en quoi est ce comparable dans la mesure où la société a évolué tout comme les individus.... La France a depuis des siècles été le terrain de migrations, de conquêtes qui a permis un brassage non seulement des hommes de multiples origines mais aussi des cultures. Ce mélange a permis de donner vie à une culture et une société multicolore qui est sans cesse en mouvement. Vouloir se réduire à ce que nous avons connu dans les années 20 50 ou 70 serait donc un non sens car on ne peut arrêter la dynamique de notre société. Accompagner cet élan pour permettre que tout Français puisse trouver sa place au sein de notre société est un enjeu majeur. Pour que chacun trouve sa place, il faut aussi que la société reconnaisse en chacun, un citoyen à par entière quelque soient sa couleur de peau, ses choix de conscience religieuse ou non, de sa sexualité. Pour y parvenir nous devons accompagner cette permanente mutation de la société autour d’axes communs qu’ont définis nos aînés : Liberté, Egalité, Fraternité et son corolaire, la laïcité. Chacun des quatre petits mots définissent ce qui permet le vivre ensemble et s’écarter de ce chemin risque de lui porter atteinte. Accompagner cet élan c’est retisser les liens entre les individus afin que chacun puisse s’enrichir de l’expérience de l’autre au lieu de vivre l’altérité comme une menace. Cet apprentissage constitue une ressource pour construire un vivre ensemble malmené par les difficultés de la vie quotidienne.. Ce message ne peut être porté par un parti haineux rejetant de fait l’existence de l’autre.

 

Bien sûr la crise économique et la situation sociale qui en découle font peur. Peur de l’avenir pour nos enfants, Peur de l’état de la planète que nous leur lèguerons. Mais agiter les peurs et promettre de revenir à un passé radieux où nous vivions entre nous dans notre microcosme n’est plus possible aujourd’hui. La technologie de l’information favorise l’ouverture ce qui se passe dans le monde, les contacts, les échanges entre les personnes. Sans compter qu’elle donne aussi accès aux échanges commerciaux. Qui serait prêt à s’amender de ces avancées techniques pour retourner à des temps plus anciens ? Il semblerait qu’ils soient peu nombreux. Il ne reste plus alors qu’à accompagner cette évolution, à réfléchir à d’autres moyens d’enrayer cette crise, à ce que nous allons mettre en place pour que nos enfants puissent fouler une planète propre.

Nous pouvons trouver ces solutions mais le choix du repli sur soi et de l’isolement et du rejet de l’autre n’est pas une voie constructive et visionnaire.

 

 

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