Publié par Vivre Ensemble à Neuville

Henri Dutrochet : un savant dans son jardin

Le château familial de Charreau (actuellement château de Val-Brenne), à Neuville-sur-Brenne, a joué un rôle crucial dans la vie et les orientations futures du jeune Henri, fils du comte Louis-du-Trochet. « C'est la médecine qui m'a introduit à l'histoire naturelle », dira le savant et médecin Henri-Joachim-Dutrochet, né le 14 novembre 1776 à Néon, dans l'Indre, et mort le 4 février 1847 à Paris. L'école communale porte le nom de l'illustre Neuvillois.

Alors que sa mère transformait la particule de son nom en Dutrochet, Henri commença par déployer sur les terres familiales une activité ludique de botaniste. L'étude des vertus médicinales des plantes lui permit de suivre de brillantes études de médecine à Paris. En 1804, il est reçu au concours d'internat et passe l'essentiel de son temps aux Enfants malades. Devenu médecin dans les armées il sera victime d'une épidémie de dysenterie en 1808 et abandonnera alors sa carrière militaire.
De retour à Chereau, il acquit très vite un microscope et observa le tissu végétal. Il décrit la cellule pour la première fois en des termes précis : « la moelle de la Sensitive (mimosa pudique), est, comme celle de tous les végétaux, entièrement composée de tissu cellulaire ». Intrigué par les phénomènes qui conduisent parfois d'une façon paradoxale les végétaux à rechercher ou à fuir la lumière, Dutrochet fut amené à penser que la compréhension de la vie passe par une meilleure analyse des événements présidant aux mouvements. « La vie considérée dans l'ordre physique n'est autre chose qu'un mouvement ; la mort est la cessation de ce moment », dira-t-il. Ses observations marquent la naissance de la notion de cellule en tant qu'unité vivante. Chercheur éclectique, il développa avec précision la notion d'endosmose et d'exosmose (le champignon ne se nourrit que d'air. Il le reçoit par endosmose, il le rejette par exosmose)

Un visionnaire élu à l'Académie des sciences

A 57 ans, il quitte sa Touraine pour épouser la sœur de Geoffroy-Saint-Hilaire. Ce dernier venant d'inaugurer la ménagerie du Jardin des plantes, c'est grâce à son aide qu'Henri Dutrochet est élu à l'Académie des sciences. La structure intime de la matière vivante avait enfin trouvé sa définition. L'ère de la cytologie, la science qui étudie la cellule vivante, pouvait alors commencer. Le savant abordera sous un nouvel angle certains phénomènes « que l'on désigne sous les noms d'habitude et de sympathie et qui n'ont point encore été soumis à une analyse exacte ». Il évoque le bâillement, il décrit avec précision ce qui revient au système nerveux et s'interroge sur un autre système de communication entre les organes pouvant expliquer l'absence de la mue de la voix et de l'absence de barbe en cas de castration. Ses travaux seront les prémices des recherches sur les hormones, qu'il devine sans preuve. Un vrai visionnaire !

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