Publié par Vivre Ensemble à Neuville

Élus locaux et État n’ont plus que trois mois pour boucler la nouvelle carte des fusions intercommunales, un big-bang territorial que certains condamnent.

Les nouveaux grands territoires tourangeaux naîtront très officiellement le 1er janvier. Il n'y aura plus que onze mastodontes intercommunaux, moitié moins que maintenant. Les élus des 277 communes y vont à marche forcée.
Le temps est compté. Les premiers arrêtés préfectoraux tomberont début décembre. La tâche est immense. Il faut donner un nom à ces géants territoriaux, même si on commence à parler du « Grand Lochois » et du « Grand Chinonais », pour faire simple. Il leur faut un chef, un président, et, là, c'est forcément la foire d'empoigne.

Le boulet du préfet

La localisation du siège, du « QG », n'est pas plus simple, car stratégique. La répartition et le redéploiement des personnels fonctionnaires, c'est un casse-tête. Puis, il faut bien parler gros sous, notamment des impôts locaux, à lisser, et cela se fera plutôt vers le haut.
La représentation de chaque commune dans ces immenses ensembles est passée au crible. La plupart des villages n'auront plus qu'un délégué au sein de ces nouvelles structures. L'avis de tous est : « On ne doit surtout pas créer des usines à gaz. »
Le président des maires, Pierre Louault, résume : « C'est un gros boulot : fusionner, tout restructurer, trouver un directeur des services, un président. Les maires sont déjà absorbés par la gestion du quotidien. Ils n'ont pas le temps de prendre du recul.
« Et nous entrons dans une grande année électorale. Pourtant, tout cela ne doit pas empêcher la France de tourner. »
Christian Pimbert, candidat pour la présidence du futur grand Sainte-Maure-Bouchardais-Richelais, l'un des secteurs sensibles, brosse le tableau : « On avance à petits pas. La priorité, faire les simulations financières et fiscales, lisser, harmoniser nos taux d'imposition.
« Nous avons, les 40 communes concernées, des habitudes, des façons de fonctionner différentes. Les impôts augmenteront toujours un peu mais, en face, on doit rendre les mêmes services publics à nos administrés. »
Les 40 communes de ce secteur vont passer de 80 délégués intercommunaux actuels à 57.
Pierre Dourthe, président de l'actuel Est tourangeau (Montlouisien, 28.000 habitants.), marié avec le Vouvrillon (12.000 habitants) : « Nous devons passer de 60 à 40 élus communautaires. Pas simple, compliqué, on ne s'en cache pas, et les élus disent qu'ils n'ont rien demandé. C'est un texte qui nous oblige, une loi qu'on doit appliquer. On sera prêt.
« Nous avons des compétences obligatoires à prendre dès janvier. Les autres, pas avant deux ans. On ne peut pas brusquer les choses. On doit trouver un équilibre et faire un vrai travail d'harmonisation. »
Anecdotique mais coûteux, « il faudra changer les panneaux de signalisation et tous les documents officiels » au nom de la nouvelle intercommunalité. Montlouisien-Vouvrillon ? Le nom « Est tourangeau » ne fait pas l'unanimité.
Mais, l'énorme point noir, le boulet de la nouvelle carte intercommunale, c'est l'union contrainte et forcée Gâtine et Choisilles-Racan, au nord de Tours. Elle n'a été votée qu'à 55 % des élus : huit communes favorables sur 10 en Gâtine et Choisilles, deux sur 10 seulement en Racan.
Le préfet a dû batailler pour voir le périmètre validé. « Si on ne fait pas cette fusion, on nous l'imposera. Ce sera pire. On l'appellera sans doute Les Hauts de Touraine (NDLR : il y a bien les Hauts de France) et elle aura son siège à Saint-Antoine-du-Rocher », informe Alain Anceau, maire de Saint-Roch, sérieux candidat à la présidence.
Du côté de Racan, les fourches sont sorties, et on menace de porter l'affaire devant le tribunal administratif. « Il n'y a aucune plus-value dans cette fusion, pour personne », se fâche Patrick Cintrat, maire de Neuvy-le-Roi.

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