Publié par Vivre Ensemble à Neuville

A l’ère des tablettes numériques et autres gadgets technologiques, les cartables de nos enfants continuent de (trop) se remplir de livres et cahiers.

Entre 5 kg et 7 kg pour un élève de primaire, jusqu'à plus de 11 kg ou 12 kg pour un collégien… Au sens propre comme au figuré, les petits Tourangeaux en ont déjà plein le dos, trois semaines à peine après la rentrée, de devoir partir de la maison chaque matin chargés comme des mulets.
Si le débat n'a rien de nouveau, le poids des cartables est devenu au fil des ans source d'une grogne de plus en plus généralisée des parents d'élèves. « Un livre en histoire-géo, un en maths, un en physique-chimie et même deux en français, sans compter les cahiers, les classeurs, la trousse… Pour un gosse de 12 ans, ça fait trop pour une journée ! »s'insurge Chantal, venue déposer son fils, en 5e au collège Bergson.
« Sans aller jusqu'à supprimer complètement l'écriture ou les livres, explique Stéphane, un autre parent d'élève, avec les ordinateurs et toute la technologie qu'on a aujourd'hui, il doit quand même y avoir des moyens d'alléger les sacs. »

La technologie au secours des colonnes vertébrales de nos enfants, c'est d'ailleurs l'une des solutions actuellement étudiée par l'Éducation nationale. Cours sur ordinateurs, livres pesants remplacés par une unique tablette tactile, prêtée à chaque élève pour l'année ou bien utilisée en classe en lieu et place des manuels classiques… Plusieurs collèges en France testent actuellement ces outils d'un enseignement nouvelle génération, dont six établissements d'Indre-et-Loire, équipés depuis la rentrée 2012.
Simple gadget ou premier pas vers une refonte complète de notre système éducatif, la transition vers un enseignement numérique ne se fera de toute façon pas du jour au lendemain. Car hormis l'organisation que l'arrivée des tablettes impose aux professeurs, c'est surtout le coût prohibitif de ces appareils (plusieurs centaines d'euros l'unité) qui freine aujourd'hui le conseil général et l'Éducation nationale. En attendant, les élèves devront encore supporter dans leurs cartables livres et cahiers, décidément trop lourds.

Des risques à long terme

Kinésithérapeute à Tours, Jérémy Déplace met en garde contre ces vraies petites bombes à retardement que sont les cartables trop chargés pour la santé des élèves :« Plus que le poids, c'est la fréquence et le temps de portée des sacs qui posent problème. Si les enfants absorbent bien les chocs et ne se plaindront finalement que rarement de douleurs dorsales, ils sont à partir du collège (là où les cartables sont les plus lourds, NDLR) en plein pic de croissance et de construction posturale, et c'est là que ce surpoids est vraiment le plus mauvais pour eux. Je vois arriver aujourd'hui des jeunes de 25 ans à la colonne complètement déglinguée à force d'avoir porté leur sac sur le dos toute la journée pendant des années. »
Autre fléau, les sacs en bandoulière : « C'est pire encore que les sacs à dos, puisqu'au lieu d'accentuer des creux naturels de la colonne vertébrale, on crée une nouvelle déformation qui à long terme peut devenir gênante voire douloureuse, y compris à l'âge adulte. »

Commenter cet article