Publié par Vivre Ensemble à Neuville

 

 

La municipalité a pris plusieurs mesures pour limiter l’impact de la circulation automobile en centre-ville, dans la perspective de l’arrivée du tramway

 

Quelle doit être la place de l'automobile en ville ? Voilà une question qui va, à coup sûr, animer la campagne électorale des municipales à Tours ! Dans la perspective de la mise en service du tramway, qui se rapproche à grands pas – ce sera le 31 août prochain –, la municipalité a pris une série de mesures pour restreindre le trafic automobile dans certains secteurs, avec l'ambition de favoriser l'usage des transports en commun et les circulations dites « douces » (déplacements à pied et à vélo). « Les temps changent », a insisté Jean Germain lors d'un récent conseil municipal, évoquant l'époque – finalement pas si lointaine – où la rue Nationale était un immense embouteillage parsemé de caravanes lors des grands départs en vacances.

 Bagarre autour de la fermeture partielle du pont Wilson

Aujourd'hui, la grande artère commerçante est devenue piétonne à 100 %, ce qui n'a guère soulevé de débat. En revanche, d'autres décisions concernant l'organisation de la circulation ou la hausse du prix du stationnement ont fait l'objet de critiques et de pétitions. A tort ou à raison ? Petit tour d'horizon des sujets qui fâchent.
> FERMETURE PARTIELLE DU PONT WILSON. Après la fin du chantier du tramway, le pont Wilson ne sera pas rouvert au trafic automobile dans le sens sud-nord. Les voitures pourront, en revanche, circuler dans l'autre sens. Du coup, l'espace piétonnier qui va déjà de la place Jean-Jaurès à la place Anatole-France sera prolongé jusqu'à la place Choiseul. Une hérésie selon l'Union des commerçants de Tours, qui redoute une baisse de la fréquentation des boutiques.
> PLACE DE LA GARE SANS VOITURES. Les travaux d'aménagement de la place de la gare viennent de débuter. Il s'agit de créer, devant le bâtiment dessiné par Victor Laloux, une vaste esplanade piétonne. Sur le côté ouest, la voie qui passe devant le Grand Hôtel sera réservée aux riverains. Conséquence : à l'exception des taxis, les voitures ne peuvent plus accéder à cette place.
> STATIONNEMENT : HAUSSE DES TARIFS. L'augmentation du tarif du stationnement est programmé pour le 1er juin, une fois que l'ensemble des 540 emplacements supprimés en raison du chantier du tramway auront été « restitués ». On comptera alors 3.700 places de stationnement payant sur l'ensemble de la ville. Le tarif rouge, le plus élevé, passera à 1,60 € par heure, soit 10 centimes de plus.
> MOINS DE NOUVEAUX PARKINGS. A Tours, le plan local de l'urbanisme prévoit une place de parking par logement neuf, à partir du moment où il est desservi par les transports urbains. Pas simple quand monsieur et madame ont chacun leur véhicule, ou quand les grands enfants majeurs reviennent – crise oblige – vivre au domicile familial. L'an passé, lors de la révision du PLU, le rapport de l'enquête publique s'en était inquiété. « L'insuffisance de places de parkings apparaît comme une nouvelle source de tension sociale en habitat collectif, qui doit interpeller les élus », écrivait alors le commissaire-enquêteur.

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Changement d'ère

Lorsqu'ils voyagent, les Tourangeaux sont les premiers à apprécier de pouvoir visiter le cœur d'une ville sans être gênés par une circulation automobile excessive, à Nantes, Strasbourg, Bordeaux ou ailleurs. Sans parler de la reconquête des voies sur berges, hier à Lyon et aujourd'hui à Paris. Autant de villes dotées — depuis longtemps — de tramways, et où d'autres habitudes ont été prises en matière de déplacements urbains. Reste que dans tout piéton il y a souvent un automobiliste qui sommeille. De retour chez eux, quand ils retrouvent les exigences de la vie quotidienne… et le volant, nos concitoyens changent souvent d'attitude. A Tours, la nouvelle donne demandera une modification des habitudes. Pour vraiment changer d'ère.

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" Une belle ville ce n'est pas suffisant "

« On fait tout pour chasser la voiture du centre-ville, constate Brigitte Mauléon, présidente du Club Grammont, l'association commerçante. Si on propose un système de déplacement pratique, pourquoi pas, il ne faut pas être négatif. Mais l'adjoint à la circulation a-t-il pensé aux personnes âgées qui ont besoin de leur voiture ? Aux mères de famille qui vont chercher leurs enfants dans plusieurs écoles ? Tout est vraiment fait pour que les gens partent en périphérie alors qu'une ville est dynamique si elle a des avocats, des médecins qui y exercent. Faire une belle ville, ce n'est pas suffisant. Franchement, nous sommes inquiets pour l'avenir. Nous avons le sentiment que tout est fait pour l'hyper-centre ! J'écris au maire pour l'interpeller, ses adjoints au commerce et à la circulation sont trop incompétents et indifférents à nos problèmes. »

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