Publié par Vivre Ensemble à Neuville

 

Traiter en régie, renégocier les contrats, fermer le robinet des dépenses… Pour beaucoup de maires, tout est bon pour économiser.

C'est le « système D » version mairie. L'expression est de Bertrand Ritouret, le maire de Luynes qui présentait ses voeux avant-hier soir sous un chapiteau « prêté » par le cirque en place « avec lequel nous avons un partenariat ». Et les images vidéo projetées sur grand écran étaient faites par lui-même. En cette période de crise et de vaches maigres, des maires se transforment en père-la-rigueur- financière. Et tant pis s'ils passent pour des radins.

Le premier élu UMP de Luynes est de ceux qui serrent le plus la vis communale. « On n'augmente pas l'impôt, alors on économise sur le fonctionnement. Et on a baissé de 4 % nos frais de personnels, soit 120.000 € dégagés par an .» Exemple, les femmes de ménage qui « travaillaient deux heures par-ci, deux heures par-là. Maintenant, c'est par journée entière, c'est plus efficace et cela leur évite des frais de déplacement. » Par ailleurs, tous les contrats, d'assurance et autres, sont revus et corrigés. Ceux de téléphonie aussi, « ce qui a permis une économie de 8.000 € l'an passé », précise Bertrand Ritouret, à la tête d'un budget de 9 millions d'euros pour 5.200 habitants.« Tout est renégocié, rediscuté avec les fournisseurs, les fabricants. Pour les cloches de l'église, on a lancé une souscription publique : cela nous a coûté 40.000 € au lieu de 90.000 €. On fait de même pour notre grange du XVIe siècle. Pour le carnaval, on utilise les tracteurs de la commune et une grande remorque de 10 m prêtée par un agriculteur. On se rend service, on fait dans le bénévolat. » Même l'espace funéraire de Luynes a été « négocié » avec l'installateur qui, en contrepartie, peut l'utiliser pour faire sa promotion.

 " Renégocié rediscuté avec les fournisseurs "

A Château-Renault, le maire, Michel Cosnier, proche du PC, ne parle pas de « système D » mais de « partenariat, cohésion, meilleure coordination et mutualisation ». En clair, il donne priorité aux travaux en régie, assurés par ses services, a « baissé l'endettement de 13 % en dix ans », va étaler, « phaser » les travaux de l'école sur plusieurs années, et met l'accent sur les économies d'énergie : isolation des bâtiments, double vitrage. Il tient d'une main de fer sa masse salariale : « Lors des recrutements, on optimise avec des gens plus qualifiés », et un jeune recruté coûte moins cher que l'ancien qui part à la retraite, admet-il. Il n'y a pas de petites économies.

repères

> Réforme scolaire. Les maires économisent mais vont devoir payer la réforme de l'école, + 2 % sur leur budget : « Une calamité, il nous faut trouver 110.000 € pour nos 400 enfants » selon le maire de Luynes, qui attendra 2014 pour s'adapter. Le collège de Château-Renault s'adaptera à la nouvelle semaine scolaire dès septembre 2013. 
> Pierre Louault, président des maires, est comme tous les élus, il é-co-no-mise : « Je me bagarre sur le chauffage. On a baissé la chaudière centrale (mairie, école, salle des fêtes) durant les quinze jours de vacances, ce qu'on ne faisait pas avant. » Mais, il ne veut pas que les élus tombent dans une « rigueur bête et méchante ». Des communes dépensent moins sur leurs cérémonies, le feu d'artifice, mais de là à ne plus rien faire ! 
> Le préfet, lui, a supprimé sa cérémonie de vœux qui, il est vrai, ne profitait qu'aux édiles et autres personnalités du département.
> En fait, beaucoup de communes vont réduire leur investissement, ne pouvant plus compresser leurs dépenses. A Amboise, le projet de nouvelle piscine et de stade n'est pas près de voir le jour.

 

 

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